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LA BULLE ARTISTIQUE AU DFC, EN 13 QUESTIONS

Dernière mise à jour : 7 nov. 2023



Il y a quelques semaines déjà s’est terminée notre bulle artistique au Domaine Forget de Charlevoix (DFC). Ce fut une expérience unique, exigeante physiquement, mais ô combien inspirante ! Qui de mieux placés pour vous en parler que notre directrice de tournée, Josée Kleinbaum (J), présente sur place tout au long du séjour, ainsi que deux de nos artistes, Andrew Mikhaiel (A) et Shanna Irwin (S) ?

Si vous aviez à décrire votre séjour au DFC en un mot, lequel choisiriez-vous ?


J : Idyllique

A : Réfléchi

S : Soulageant

Andrew et Shanna, durant cette résidence, vous avez pour la première fois dansé avec les nouveaux membres de l’équipe. Comment décririez-vous l’énergie de ce nouveau groupe ?


A : L’énergie de ce groupe est très colorée, dynamique et ouverte. Tous les danseurs possèdent des personnalités et visions uniques alors que collectivement, nous avons tous pu nous connaître beaucoup mieux pendant cette résidence. Je suis heureuse que cette résidence ait pu nous offrir l’occasion de faire tomber les barrières de la distanciation sociale et du port du masque afin que nous puissions interagir à un degré plus personnel. Cet aspect de la résidence était important pour nous, comme équipe.


S : L’énergie est rafraichissante et se dirige vers une voie où nous pouvons, tous ensemble, utiliser les nombreuses personnalités, cultures, relations et formations différentes à notre avantage et ainsi créer une équipe très forte.

Durant cette résidence, vous avez commencé à répéter l’œuvre  Approximately Close , une œuvre chorégraphiée par un de vos collègues-artistes, Ermanno Sbezzo. Shanna, tu avais interprété la « première version » de l’œuvre lors des prestations de PROXIMITÉ  à travers Montréal. Peux-tu nous dire quelques mots sur l’évolution de l’œuvre ?


S : L’œuvre a été originalement créée pour Marcel et moi, et a débuté par des répétitions en ligne alors qu’Ermanno était en quarantaine à son domicile. En plus de l’expansion physique nous permettant de passer de la maison au studio, il a créé pour toute la compagnie une chorégraphie qui nous invite à un voyage passant par une gamme d’émotions — les solos d’origine et le duo n’étaient que les premières histoires physiques de cet ensemble. Il est maintenant capable d’incorporer l’énergie de toute la compagnie afin de représenter davantage ce qui l’a influencé comme humain et comme artiste.


Andrew, comment as-tu trouvé l’expérience d’interpréter une œuvre d’un de tes collègues-artistes ?


A : C’est vraiment bien de pouvoir être de retour dans un processus créatif. Je crois que plusieurs danseurs parmi nous avaient vraiment envie d’un retour au travail après une aussi longue période de pause. C’est aussi très intéressant de voir le morceau se métamorphoser d’un duo à une œuvre pour l’ensemble de la compagnie.

Josée, de l’extérieur, comment crois-tu que le séjour a influencé positivement la poursuite de la création de cette œuvre ?


J : La permission d’être à proximité a ouvert les horizons à une œuvre en distanciation. Je crois sincèrement que l’état d’esprit d’Ermanno en pleine nature et pouvant se concentrer pleinement à permis une introspection et une profondeur que le public sentira.

Aviez-vous déjà visité Charlevoix ? Comment avez-vous trouvé cela ?


J : J’ai eu l’occasion de profiter des installations du DFC il y a une dizaine d’années. De plus j’ai visité la région à quelques reprises lors de tournées.


A : Non, je n’y étais jamais venu. C’est une région magnifique et le Domaine Forget est sensationnel. Nous avons été chanceux d’y venir pendant le changement de saison et de pouvoir observer les feuilles changer de couleur. J’aimerais le visiter à nouveau !


S : Je n’étais jamais venue à Charlevoix — Je trouve que c’est un endroit époustouflant. Sa beauté a été une échappatoire, j’aimerais pouvoir l’explorer en dehors de notre bulle, ainsi que découvrir la région en été.

Andrew et Shanna, pouvoir danser en proximité, à nouveau sans masque, qu’est-ce que cela a signifié pour vous ?


A : Pour être parfaitement honnête, le port du masque ne me dérange pas tellement quand je danse, mais je crois être la seule personne qui pense ainsi. Toutefois, être certain que tous les danseurs étaient isolés, testés et sains et saufs au Domaine Forget était plus important pour moi. Danser et interagir avec tout le monde sans crainte ou sans risque possible de contracter la Covid-19 était très rassurant. Ça nous a permis de travailler sans contraintes.


S : Danser sans masque donne un sentiment de liberté. C’est comme revenir à la maison, c’est comme ça que nous nous sommes entraînés toute notre vie — les enlever a été mémorable, maintenant nous sommes reconnaissants pour ça. Les expressions faciales et le langage corporel sont importants et l’ajout de masques retire un niveau de vulnérabilité entre nous, ils ajoutent une incertitude qui n’existerait pas autrement. Nous pousser vers de nouveaux états physiques est plus difficile avec le port du masque.

Josée, as-tu remarqué un changement dans les attitudes et l’ambiance au sein du groupe lié au fait qu’ils pouvaient danser à proximité, sans masque ?


J : Un retour à une certaine normalité a définitivement été un impact positif dans les répétitions. Mais je crois que le plus grand changement était ce sentiment de liberté !

Est-ce que cela fait une différence de changer de l’environnement « régulier » de travail (les studios du CAM) ? Si oui, laquelle ?


J : On retrouvait l’atmosphère de tournée mais en restant à un seul endroit… Sans les changements d’hôtel et les horaires des avions, trains et bus… plus agréable et définitivement plaisant d’avoir un paysage bucolique. Autant que celui du Parc Lafontaine !


A : Étant une troupe itinérante, nous sommes habitués à travailler dans différents studios, théâtres, villes et pays. Cette expérience m’a rappelé les tournées, et c’était bien de profiter d’un changement de paysage. C’était une petite escapade hors de la ville pour 3 semaines et demie.


S : Bien que le CAM soit notre maison, le talent artistique est influencé par son environnement, c’est important d’être dans des endroits différents. La quête est d’emporter un morceau de chaque endroit partout où nous allons. Ce changement d’environnement est une autre version de l’échange constant que nous avons habituellement avec notre public lors des représentations.

Comment avez-vous trouvé l’expérience d’être tous ensemble pendant un peu plus de 3 semaines ? Quels ont été les points forts et les défis ?


J : Encore une fois nous sommes habitués à la tournée… Le fait de devoir prendre nos repas ensemble a permis de créer des liens de complicité et la grandeur du terrain nous permettait de trouver une solitude lorsque nécessaire. Mais l’intimité était une denrée rare.


A : Mises à part les joies de danser librement, d’apprendre à connaître tous les nouveaux danseurs et de ne pas avoir à m’inquiéter de la COVID-19, je crois que l’un de mes moments forts a été de voir mon chiot s’amuser et courir autour du domaine – elle n’a pas cette liberté normalement en ville. Le défi pour moi était définitivement de m’ennuyer de ma maison. Je suis tellement une personne casanière (bizarre pour quelqu’un qui fait partie d’une troupe itinérante), mais afin de respecter notre bulle, nous étions contraints de demeurer au domaine. En tournée, nous avons la liberté d’explorer et de nous aventurer dans la ville. C’est quelque chose que j’aurais aimé pouvoir faire en d’autres circonstances.


S : J’ai l’habitude d’être en tournée et de passer autant de temps avec un groupe. Pour moi, le défi est quand nous oublions qu’il est positivement accepté et ressourçant de prendre du temps pour soi, en solitude.

Comment vous êtes-vous sentis de retrouver le public lors des classes et répétitions ouvertes au public ?


J : Le public quoique restreint était très heureux de retrouver des danseurs sans séparation d’un écran cathodique ! Et j’ai perçu que le 4e mur grand ouvert permettait un échange longuement attendu de part et d’autre.


A : C’était bien d’être de retour sur scène et d’avoir un petit auditoire. Rien ne se compare au stress d’une vraie prestation dans une salle comble, mais je suis très reconnaissant aux personnes qui sont venues et qui nous ont regardés danser. C’était particulièrement touchant de recevoir un groupe de jeunes danseurs et démontrer que même en ces temps difficiles, les danseurs peuvent persévérer et créer de l’art !


S : J’ai beaucoup de gratitude pour ceux qui ont pu venir et ont constaté qu’un théâtre peut être un environnement sécuritaire.

Qu’avez-vous trouvé le plus inspirant au Domaine ?


J : La nature.


A : Être entouré de nature, de vues magnifiques et du fleuve tranquille était tellement inspirant ! C’était un vrai bol d’air frais.


S : L’expansion —Je suis inspirée par le paysage qu’on admirait chaque matin et chaque soir. L’expansion de l’œuvre d’Ermanno… participer à cette aventure avec lui, et réaliser que c’est une magnifique occasion pour notre compagnie de grandir, d’apprendre de l’expérience des autres et de se respecter à des degrés plus profonds.

Est-ce que vous croyez qu’une résidence comme celle-ci a lieu d’être même en temps « normal », quand il n’y a pas de restrictions de distanciation physique et de port du masque imposés en dehors d’une « bulle » ?


J : Définitivement. Ce temps permet une concentration inaccessible en temps normal. Sans compter l’inspiration que la nature (hé oui encore) apporte et les liens indéfectibles créés par un partage d’horaire commun. La valeur ajoutée cette fois-ci était le bonheur d’avoir une proximité défendue en ces temps et circonstances de COVID.


A : Les résidences sont définitivement pertinentes. En temps « normal », une résidence pourrait inclure des activités de visibilité, des classes de maître et des ateliers, des pratiques techniques dans un théâtre et des prestations supplémentaires. Je crois vraiment qu’elles sont pertinentes en temps « normal » spécialement quand un but précis est attaché à la résidence. C’est une période intensive qui nous permet à nous, danseurs, de nous concentrer et de diriger toute notre attention sur l’objectif du travail en cours.


S : Les résidences artistiques sont tellement importantes ! J’en ai vécu en temps normal aussi et je vois des résultats de la part des danseurs et des chorégraphes qui ne peuvent être expliqués que par notre présence dans un lieu où nous sommes tous concentrés vers un même objectif.


Pour en savoir plus sur notre séjour, rendez-vous sur le site du DFC!




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